Pour comprendre ce que le changement veut vraiment dire, on peut chercher à le comparer à des notions proches telles que l’innovation et la rupture.

I/ Le changement, une passion française

Enfin, une dernière notion mériterait d’être clarifiée et d’être distinguée des deux autres. Il s’agit de la notion de changement. Le peuple français a élu un président qui a promis que le changement serait maintenant. Autrement dit, derrière le choix du Président, il y a, semble-t-il, une forte aspiration au changement tout autant qu’à sa mise en œuvre effective et immédiate. Mais, le terme de « changement » reste beaucoup plus pauvre que celui de progrès ou d’innovation. Là où le progrès suppose de mettre une amélioration de la condition humaine ainsi qu’un projet métaphysique sur l’existence humaine notamment après la mort ; là où l’innovation apporte de nouveaux produits qui viennent bonifier le quotidien matériel du consommateur, le changement me dit pas grand-chose autrement qu’une modification.

 

II/ En quoi consiste le changement ?

Mais d’ailleurs on est bien en peine de comprendre en quoi consiste cette modification : s’agit-il d’une modification de trajectoire politique, d’une modification de l’expérience de la vie humaine, du vivre ensemble, du partage de la valeur dans tel ou tel secteur économique ? On ne sait pas en quoi consiste le changement. La seule chose que l’on peut dire c’est que la notion de changement suppose un état antérieur que l’on viendrait modifier donc il faut s’imaginer que lorsque l’on parle de conduite du changement, un terme également employé dans les entreprises, ce qu’on veut dire, c’est qu’il y a un état initial, des méthodes de travail initiales, un mode de production initiale qui est amené à être modifié.

III/ Le changement, un mot qui cache un défaut de vision

Beaucoup se plaignent de la résistance changement que l’on trouverait dans les équipes opérationnelles, dans les comités de direction et plus largement ailleurs dans la société. D’ailleurs, on trouve beaucoup d’articles de presse qui font état des difficultés à changer la société française mais ce qu’il faut bien comprendre c’est que s’il y a de telles résistances au changement c’est que l’on ne sait justement pas vers quoi retendre. Autrement dit, le changement, comme vocable, n’exprime que la modification des choses, sans expliquer le projet final, la visée, la vision, l’ambition, le désir. Très souvent d’ailleurs, on s’est réfugié derrière des programmes de conduite du changement pour les coûts de production et procéder à des licenciements lesquels étaient particulièrement bien ciblés pour ne pas dégrader la production de l’entreprise. Dans ce cas-là, si l’on emploie le terme de changement pour signifier réduction des coûts et maintien de l’offre produit, il semble évident que le vocable de changement ne peut pas avoir bonne presse.

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